jactance


jactance

1. jactance [ ʒaktɑ̃s ] n. f.
XIIe; lat. jactantia « vantardise »
Littér. Attitude d'une personne qui manifeste avec arrogance ou emphase la haute opinion qu'elle a d'elle-même. vanité. « cet air de jactance par lequel on semble s'exalter en soi et s'applaudir » (Sainte-Beuve). ⊗ CONTR. Modestie. jactance 2. jactance [ ʒaktɑ̃s ] n. f.
• 1876 « parole »; de jacter
Fam., vieilli Bavardage.

jactance nom féminin (latin jactantia, de jactare, vanter) Littéraire. Vanité qui se traduit par des propos pleins de suffisance. Dans l'ancien droit, action provocatoire. ● jactance nom féminin (de jacter) Populaire. Bavardage, bagou, baratin.

jactance
n. f. Litt. Manière arrogante de parler en se vantant.

I.
⇒JACTANCE1, subst. fém.
Littér. Attitude arrogante d'une personne imbue d'elle-même, qui cherche à se faire valoir par un ton et des propos suffisants. Synon. outrecuidance, vanité, vantardise; anton. bonhomie, modestie. Homme, discours plein de jactance; air, ton, trait de jactance; rabaisser la jactance de qqn. Cette commission lui fut donnée parce que avec sa jactance habituelle, il se vantait d'être le seul homme capable d'y réussir (THIERRY, Récits mérov., t. 2, 1840, p. 225). C'est un défaut des Français, quand ils parlent d'eux-mêmes, de passer d'une jactance irritante à une sorte d'humilité désespérée (MAURIAC, Bâillon dén., 1945, p. 416) :
La jactance fait que beaucoup présument de leurs forces, jusqu'au point de prendre leurs conceptions personnelles pour mesure de toutes choses; (...) rêvent tout haut, et s'en vont philosophant par des sentiers téméraires que chacun se fraie à son gré, s'isolant pour être vu.
OZANAM, Philos. Dante, 1838, p. 104.
P. méton., fam. souv. au plur., vieilli. Parole, écrit qui traduit cette attitude. Synon. fanfaronnade, vantardise, vanterie. Alors [quand Bonaparte fut à Grenoble, en 1815] les jactances cessèrent au Château et la terreur fut à son comble (Mme DE CHATEAUBR., Mém. et lettres, 1847, p. 65). Le fils, George de Scudéry, est célèbre par ses vers empanachés, par ses jactances et ses rodomontades (SAINTE-BEUVE, Caus. lundi, t. 4, 1851, p. 121).
Prononc. et Orth. : []. Att. ds Ac. dep. 1694. Étymol. et Hist. Ca 1223 (GAUTIER DE COINCI, éd. V. Fr. Koenig, 1 Mir 10, 745, t. 1, p. 95). Empr. au lat. de l'époque impériale jactancia « vantardise ».
DÉR. Jactancieux, -euse, adj., vx, rare, littér. Plein de jactance. Je laisse le malheureux de Flers payer sa fermeté trop froide du prix de sa tête, et un autre général en chef, Barbantane, jactancieux et incapable, le remplacer (SAINTE-BEUVE, Nouv. lundis, t. 2, 1862, p. 57). [], fém. [-ø:z]. 1re attest. 1760 (Marquis de MIRABEAU, Théorie de l'impôt, p. 55 ds BRUNOT t. 6, p. 75, note 7); de jactance1 (d'apr. le lat. jactantia), suff. -(i)eux.
II.
⇒JACTANCE2, subst. fém.
Arg. et pop. Bavardage incessant et volubile. Du dehors, par sa complicité achetée, grâce à ses ruses et à sa faconde (en parisien, jactance), c'était, chez nous (...) des arrivages de gouttes et d'apéritifs de tout acabit (VERLAINE, Œuvres compl., t. 4, Mes pris., 1893, p. 367). Chacun dans la cage d'entrepont s'installe (...) et la jactance commence (DUSSORT, Journal, 1930, p. 6). Ils [les policiers] y étaient parvenus à m'engrener dans la filière de la jactance; ce qu'ils cherchent toujours (SIMONIN, Touchez pas au grisbi, 1953, p. 208).
Prononc. : []. Étymol. et Hist. 1. 1876 « parole » (RABASSE ds LARCH. 1878, p. 210); 2. 1878 « bavardage » (RIGAUD, Dict. jargon paris., p. 191). Dér. du rad. de jacter; suff. -ance II B rem. 2. Fréq. abs. littér. : 64.

1. jactance [ʒaktɑ̃s] n. f.
ÉTYM. V. 1220; du lat. jactantia « vantardise », du p. prés. de jactare, au fig. « lancer avec ostentation, vanter, tirer vanité de », fréquentatif de jacere « jeter; proférer ». → Jactation.
Littér. ou style soutenu. Attitude d'une personne qui manifeste avec arrogance ou emphase la haute opinion qu'elle a d'elle-même. Orgueil, vanité, vantardise; → Bruit, cit. 39. || Un homme avantageux (cit. 14) et plein de jactance. || Rabattre la jactance d'un fanfaron.
1 (…) cet air de jactance par lequel on semble s'exalter en soi et s'applaudir.
Sainte-Beuve, Causeries du lundi, 2 déc. 1850.
2 Augereau se rendait ridicule à force de jactance : il jugeait de haut Bonaparte, qui, à l'entendre, lui devait tous ses succès.
Louis Madelin, Hist. du Consulat et de l'Empire, Ascension de Bonaparte, XXI.
3 (Hier soir, après avoir écrit cela : au restaurant, à la table toute voisine, deux individus conversent, à voix non point forte, mais bien frappée, bien dressée, bien timbrée, comme si une école de diction les avait préparés à se faire écouter des voisins dans les lieux publics : tout ce qu'ils disent, phrase par phrase (sur quelques prénoms de leurs amis, sur le dernier film de Pasolini), tout est absolument conforme, prévu : pas une faille dans le système endoxal. Accord de cette voix qui ne choisit personne et de Doxa inexorable : c'est la jactance).
R. Barthes, Roland Barthes, p. 152.
Rare. (Une, des jactances). Fanfaronnade, vanterie. || Ne croyez pas un mot de ses jactances. || « Ses jactances et ses rodomontades » (Sainte-Beuve, in T. L. F.).
CONTR. Bonhomie, modestie.
HOM. 2. Jactance.
————————
2. jactance [ʒaktɑ̃s] n. f.
ÉTYM. 1878, Rigaud, in T. L. F.; « parole », 1876; de jacter, et -ance.
Fam. Bavardage.
HOM. 1. Jactance.

Encyclopédie Universelle. 2012.

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